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Histoire du ski - Page 3

  • La découverte du ski 1880-1930
    - Les Français découvrent le ski
    - Le rêve des Trois Vallées
    - En savoir plus...
  • Les débuts du ski 1930 - 1960
    - Les atouts de la Haute Tarentaise
    - Une première station : Courchevel
    - En savoir plus...
  • Le plein essor après 1960
    - Le Plan neige des années 1960
    - La quatrième génération
    - En savoir plus...

Les débuts du ski 1930 - 1960

Les atouts de la Haute Tarentaise - 1930/1945

L'histoire du ski en Haute Tarentaise va connaître un développement important durant les hivers 1931-32 et 1932-33. En effet, les premiers skieurs qui connaissaient bien les stations villages de Haute Savoie sont déçus pour Noël 1932 : très peu de neige à Megève ou à Chamonix. Par contre, il y en a près de 50 cm à Tignes. Des groupes de skieurs de Paris et du Nord de la France optent donc pour la Haute Tarentaise. Le phénomène se reproduit l'hiver suivant. Les touristes affluent en masse.

En février 1933, le concours militaire de ski de la 14ème région ne peut avoir lieu à Briançon, faute de neige. C'est Tignes qui l'accueille.

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En deux hivers, la Haute Tarentaise avait fait ses preuves et devenait l'un des lieux de prédilection des skieurs.

Une première station : Courchevel 1945/1960

Alors que la pratique du ski en Tarentaise débute à partir des villages (Les Allues, Les Avanchers, Saint Bon, Tignes, Val d'Isère ...), l'année 1945 va marquer un tournant important.

En 1941 est mise en place une mission française pour créer une station internationale de sports d'hiver. La mission reprend les bases du rapport Lunn de 1925 (Arnold Lunn est l'auteur d'un rapport qui a mis en évidence l'immensité du domaine skiable des Trois Vallées).

Jusque là les Savoyards restaient assez réticents : leur pays était agricole et même si l'agriculture de montagne déclinait, ils avaient trouvé une compensation dans l'installation de nombreuses usines.

En 1945, le Conseil Général de la Savoie décide d'intervenir directement dans la création d'une station. Quelques hommes vont jouer un rôle essentiel : Pierre de la Gontrie (Président du Conseil Général), Pierre Cot (ancien ministre, vice-Président du Conseil Général) et Maurice Michaud (ingénieur des Ponts et Chaussées). C'est un projet un peu fou pour l'époque qui se dessine : construire une station de 5 000 lits sur le plateau des Tovets, au-dessus de Saint Bon, à 1 800 m d'altitude. Localement, le projet sera défendu par quelques jeunes du pays et notamment Jean Blanc qui, après la guerre, intégrera l'équipe de France de ski.

Créer une station en montagne se heurtait pourtant à deux écueils :

  • les alpages étaient des biens communaux que des générations et des générations d'hommes avaient entretenus. La station risquait de mettre en cause ces siècles de travail.
  • de plus, on continuait à penser selon le modèle des stations de la première génération : de vieux villages qui s'ouvrent au ski et non pas des stations créées de toutes pièces.

Pourtant, le 3 mai 1946, le Conseil Municipal de Saint Bon accepte de céder au département les alpages communaux : c'est l'acte de naissance de Courchevel.

Une difficulté se présente rapidement : quel nom va-t-on donner à cette station ? Les Tovets, nom de l'alpage ne paraît pas très adapté. Pierre de la Gontrie propose « Courchevel », du nom d'un hameau qui est un peu plus bas. On opte alors pour Courchevel Dessous et Courchevel Dessus. S'en suit une levée de boucliers de ceux de Dessous. Le qualificatif n'est pas très porteur.

On remplace finalement les adjectifs par des chiffres : ainsi naissent Courchevel 1550 et Courchevel 1850.

Signalons que le point le plus haut du plateau des Tovets n'est qu'à 1827 m d'altitude. Alors, pourquoi 1850 ? Tout simplement parce que la station a une rivale en la station de Val d'Isère, altitude 1849 mètres. Comme il fallait être mieux disant, on retiendra les 1850 mètres pour Courchevel.

Une station de deuxième génération

Courchevel est la seule station dite de deuxième génération. Elle a été créée ex-nihilo c'est-à-dire de toutes pièces sur un concept de « ski aux pieds » : pouvoir skier en sortant de son hôtel et y revenir sans déchausser.

Pour cette création, l'architecte urbaniste, Laurent Chappis, travaille avec un autre jeune architecte Denis Pradelle. Celui-ci va partir du principe que dans un lieu nouveau, il faut une architecture nouvelle : chalet sur pilotis, utilisation de la pente, recherche d'un ensoleillement maximal... Le tout, dans le respect de l'environnement avec, par exemple, la volonté que la hauteur des bâtiments ne dépasse pas celle des arbres.

Cette architecture sera ensuite assez fortement critiquée : pas assez « montagnarde », pas assez « tyrolienne » diront certains. Elle est de toute façon, représentative d'une époque : celle de l'épopée des stations.